Au-delà des certitudes : mises au point

De l'assaisonnement au remède : pourquoi la dose change tout

Postulat :

Une plante a reçu le statut GRAS de la FDA.

Elle est autorisée par le législateur (européen ou national) à être incorporée dans des compléments alimentaires, ou n'est pas explicitement exclue (selon le pays).

Donc : L'huile essentielle peut être administrée...

Postulat :

Une plante a reçu le statut GRAS de la FDA.

Elle est autorisée par le législateur (européen ou national) à être incorporée dans des compléments alimentaires, ou n'est pas explicitement exclue (selon le pays).

Donc : L'huile essentielle peut être administrée par voie orale dans les mêmes conditions et aux mêmes doses

Faux.

Sauf exceptions? Non.

Explications : bien que certaines huiles essentielles figurent sur la liste GRAS de la FDA (21 CFR 182.20), ce statut se limite souvent à leur utilisation comme aromatisants alimentaires en quantités conformes aux bonnes pratiques de fabrication (GMP), c'est-à-dire en quantités ne dépassant pas ce qui est raisonnablement requis.

Le règlement 21 CFR 182.20 stipule que les huiles essentielles sont "généralement reconnues comme sûres pour leur usage prévu" dans le contexte de la partie 182, qui couvre spécifiquement les épices, assaisonnements et aromatisants. L'"usage prévu" dans ce règlement est exclusivement comme aromatisants/assaisonnements alimentaires.

Ce statut GRAS ne s'étend donc pas automatiquement aux doses thérapeutiques, appliquées en aromathérapie, ni à l'utilisation en tant qu'ingrédient des compléments alimentaires. Les huiles essentielles sont des concentrés extrêmes (plus concentrées en principes actifs volatils que la plante). Ce qui est sûr à dose aromatique peut devenir toxique à dose thérapeutique.

Les huiles essentielles répertoriées dans le 21 CFR 182.20 pour un usage comme aromatisant alimentaire nécessiteraient toujours une détermination GRAS distincte (soit auto-affirmée, soit notifiée à la FDA) pour être légalement utilisées dans des compléments alimentaires à des doses thérapeutiques au-delà de ce qui est déjà couvert par leur statut GRAS en tant qu'aromatisant alimentaire.

Conclusion : le statut GRAS de la FDA a peu d'intérêt en aromathérapie, telle que pratiquée habituellement en tant que thérapie complémentaire, par inhalation, par la voie cutanée et par diffusion. Pour pas dire : aucun intérêt.